ErgonomiA.ca » Ergonomie/Web site performance

By: Ergonomia  09-12-2011

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Encore le buzz “social”…

Tout comme moi, vous êtes fatigués de voir l’adjectif ‘social’ associé à tous les noms communs possibles…tout est ‘social’, car c’est le nouveau buzz qui fait vibrer la communauté Web à l’unisson.

Et en effet, déclarer ce virage social de l’ergonomie des interfaces serait trop simple et gratuit, et c’est plus de ces déclarations gratuites que de l’adjectif ‘social’ comme tel dont on est fatigué en fait.

Donc je persiste et je signe dans ce billet-ci. Après faciliter l’utilisation des environnements interactifs, favoriser la sociabilité en ligne va devenir un nouvel objectif important en conception et évaluation des systèmes interactifs, et c’est ce que j’entends par ‘virage social de l’ergonomie des interfaces’.

Dans ce billet cependant, je n’aimerais pas seulement avancer que l’ergonomie va amorcer son virage social en 2011, mais surtout partager avec vous les raisons qui motivent cette affirmation. Je peux me tromper mais au moins vous aurez mes arguments pour vous interroger à votre tour

Affirmation documentée VS gratuite

Je vais donc vous présenter cinq chercheurs, tous visionnaires et vulgarisateurs et dont les travaux m’ont convaincue que la dynamique sociale des environnements en ligne sera de plus en plus une donne dont on ne pourra plus se contenter de prendre pour un état de fait acquis pour penser le Web ou les environnements interactifs.

Je me sers ici de pointeurs vers des extraits vulgarisés de leurs travaux de recherche comme preuves d’appui pour ma déclaration initiale. En effet, une agrégation de leurs travaux démontre clairement qu’il faut favoriser et faciliter cette dynamique sociale dans les environnements en ligne.

Le constat de tous ces chercheurs est le suivant. Dans la mesure où les humains agissent et se comportent en s’influençant les uns les autres, et que la présence physique et la communication face-à-face naturelle qu’elle entraîne entre les individus manquent en ligne, il est crucial de pallier à ce manque. Il faut remplacer cet échange interpersonnel en présence par des indices favorisant la communication entre les individus connectés à une communauté, afin de les outiller et de les inciter à socialiser en ligne, pour éviter les espaces virtuels où il ne se passe rien.

Combien avez-vous reçu d’invitations à vous inscrire à des environnements où après l’inscription, rien ne bouge, et où vous vous sentez comme dans une grande et belle maison où tout est ‘mort’…Ces environnements sont nombreux, et ce sont réellement des beaux principes en théorie mais des coquilles vides en pratique. L’époque des plateformes reposant sur la pensée magique : « If we build it, they will come », est révolue.

Des références solides

Les chercheurs qui ont inspiré cette réflexion sont tous de célèbres visionnaires de renom international, qui partagent leur temps entre recherches et implications dans l’industrie où ils implémentent des solutions innovantes. Ils proviennent tous de backgrounds différents, avec la psychologie comme discipline commune. Certains sont spécialisés en communication humain-ordinateur (CHI), en économie, en marketing, etc. :

- , chercheur en CHI à l’Université du Maryland, MD
- , chercheur au MIT Media Lab. Professeur en ‘behavioral economics’ qui s’intéresse tout particulièrement à la prise de décision des consommateurs
- , Professeur émérite en psychologie et marketing à Arizona State University.
- BJ fogg, chercheur en pscyhologie et directeur du à l’Université Stanford.
- , Ph.D. en psychologie et ‘Chief of User Experience Strategy at Human Factors International’.

Pour ceux que cela intéresse, j’aimerais vous présenter ici quelques liens vers leurs récents travaux et tout particulièrement, ceux qui moi m’ont le plus inspirée, en contribuant à ma compréhension d’un virage social à anticiper au niveau de l’évolution de l’ergonomie des interfaces.

Dans cet ouvrage, elle décrit comment l’utilisabilité des communautés en ligne, ne peut se réduire à supporter des tâches orientées vers un but de performance cognitive mais faciliter également la dynamique des relations sociales en ligne, afin de soutenir également l’efficacité sociale pour ces environnements.

2. Dan Ariely et 3. Robert Cialdini
Dan Ariely est chercheur au . Professeur en ‘behavioral economics’, il s’intéresse à la prise de décision des consommateurs. Lire son blogue et quelques chapitres de son livre ‘’ (2008) a jeté les secondes pierres fondatrices de ma réflexion sur l’inévitabilité du virage social de l’ergonomie. En effet, à la manière dont le décrivait également dans son livre « » (2001) , il démontre à quel point les être humains sont moins rationnels qu’ils ne le pensent ou ne le souhaiteraient, et sont des êtres sociaux qui fonctionnent plus sur la base d’automatismes acquis socialement de façon normative, et qui les influencent à leur insu. Il avance que : « People just don’t know their own preferences that well. Our intuition fools us in repeatable, predictable ways. Rather than rationality, decisions are influenced by design, complexity and context. »

4. Susan Weinschenk

Elle résume très bien son livre dans le slideshare suivant :

Poursuivre et partager la réflexion?

Également, si vous êtes intéressés à pousser le dialogue avec moi, je vous invite carrément à suivre ma réflexion en ligne jusqu’au dépôt final de la thèse prévu à la fin 2011. À compter de ce mois-ci sur mon blogue, les différents chapitres de ma recherche doctorale seront accessibles au fur et à mesure. Ma thèse explore notion de «social usability beyond usability».

Sur ce, je nous souhaite une année 2011 des plus socialement ergonomique!